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 Quelques nouvelles...

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Alzaric
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MessageSujet: Quelques nouvelles...   Ven 8 Mai - 21:44

L'une de mes passions (lorsque j'ai le temps) étant l'écriture, je crée ce post afin de vous présenter quelques-unes de mes oeuvres. J'ignore à quel rythme je les posterai, vu que la plupart sont simplement manuscrites, mais voici déjà, pour commencer, le "Lectio Divinatus"...


Lectio Divinatus



Comment est-ce que j'en suis arrivé là ? Comment est-ce que je me suis retrouvé ici ? Que s'est-il réellement passé ? En réalité, je n'en sais rien. Peut-être qu'écrire m'aidera. Peut-être vais-je raconter tout ce qui est arrivé, depuis le début. Je pense que tout a commencé à ce moment...
C'était il y a trois semaines. Trois petites semaines, qui me donnent l'impression d'avoir duré une vie entière. En tant qu'écrivain, il m'arrive souvent de me promener pour obtenir de l'inspiration pour mes oeuvres. Pour cela, je suis souvent en ballade dans les librairies proches de mon quartier. Mes pas me portèrent, ce jour-là, vers un petit marchand de livres que je ne connaissais pas. La boutique était miteuse, la peinture bordeaux de sa devanture presque effacée par les ravages du temps, mais cela ne me découragea pas. Au contraire, cela attisa ma curiosité. J'entrai dans la boutique, d'où provenait une odeur de moisi plus qu'agressive. Mais la vue de ces centaines d'ouvrages posés sur des étagères plus que moins bancales m'émerveilla tant que mon odorat était désormais la moindre de mes préoccupations. Je parcourais les rayons, immensément plus grands que le laissait penser l'extérieur de la boutique, lisant parfois une quatrième de couverture prise au hasard, pendant que mes pas me guidaient progressivement vers le fond de la boutique. Du moins, je pense que c'en était le fond. Après mon errance, j'éprouvais quelques difficultés à me repérer dans ces rayonnages identiques. Les livres présents à cet endroit étaient plus vieux, à ce qui me semblait. La tranche de la plupart d'entre eux ne portait pas de nom, ou celui-ci était effacé par le temps et l'usure. Mon regard fut attiré par un livre en cuir noir, dont la tranche portait les lettres « Lec.. ... na.. ». Ces lettres me firent immédiatement penser à un ouvrage que je convoitais depuis des années, sans jamais avoir réussi à le trouver. Je me saisissais donc du livre, et commençai à en feuilleter les pages jaunies par le temps. Au bout de quelques minutes de lecture, la confirmation me frappa comme un poing en pleine face : c'était bel et bien lui, le Lectio Divinatus, le livre maudit. On racontait que cet ouvrage avait été écrit par un moine fou, qu'il avait décrit ses visions obscènes et impies, et les avait compilées dans les pages de ce livre. Pour d'autres – dont je fais partie – ce livre est un récit plus ancien, semblable au Necronomicon, qui décrit les usages des cultes précédant les plus anciennes civilisations décrites dans les livres d'histoire.
Heureux de ma découverte, je me dirigeai vers l'entrée de la libraire, me servant de deux vois comme repère. Sans doute le libraire et un autre client. Je disposais comme repère supplémentaire du bruit du vent, soufflant violemment à l'extérieur. Une fois que je fus arrivé à la « caisse », je constatai que le libraire était seul. Le client avait du partir. Je présentai mon futur achat au vieil homme à moitié chauve, et il me regarda d'un air interrogateur. Il m'expliqua qu'il ne se rappelait pas posséder ce livre, et qu'il devait donc aller chercher son registre dans l'arrière-boutique. Il me proposa de m'asseoir en l'attendant. J'acceptais, presque à contre-coeur, tant l'envie de lire le Lectio Divinatus me narguait. Mais je voulais attendre d'être chez moi, de le lire à tête reposée...
Quelques minutes plus tard, le vendeur revint. Il y avait quelque chose dans son apparence qui m'intriguait, mais je ne pouvais pas dire quoi. Le libraire déclara que, n'ayant pas trouvé le livre dans ses registres, je pouvais payer le prix que j'estimais convenable pour nous deux. C'est ce que je fis. Au moment où je refermais la porte, en partant, je crus entendre un soupir de soulagement.
Sur le chemin du retour, une impression étrange me saisit, comme si une main gelée s'était posée sur mes épaules. Un mauvais pressentiment. Etait-ce moi, ou les branches des arbres bougeaient-elles malgré l'absence de vent ?

A peine étais-je arrivé que le livre était sur mon bureau, et moi assis en train de le lire. De nombreuses heures passèrent, pendant lesquelles je me suis perdu au milieu des rituels païens des hommes du passé, qui vénéraient des créatures nommées les « Profonds », ou autres « Dorés », ainsi qu'une divinité supérieure nommée « K'thulhut ».
Ce n'est qu'à trois heures du matin que j'ai vu la lettre. Cette lettre cachetée, glissée à la fin du livre. Aucun nom n'était visible, aucun message. Mon envie immédiate fut de l'ouvrir. Je commençai à récupérer un ouvre-lettre sur mon bureau, et à déchirer le haut de l'enveloppe lorsque quelque chose en moi m'arrêta. Depuis le temps que j'attendais de lire le Lectio Divinatus, pourquoi retarder la fin de sa lecture ? Cette simple lettre, sans doute utilisée comme marque-page, attendrait. Quatre heures. A quatre heures, je refermais le Lectio Divinatus. La fatigue ne m'avait pas encore pris, et mon attention se dirigea tout naturellement vers la lettre. Je finissais de l'ouvrir, finalement intrigué par son contenu et, presque sans m'en rendre compte, j'avais déjà commencé à lire.
« Si vous lisez ceci, disait la lettre, vous avez encore un espoir. Comme vous, j'ai été captivé par le Divinatus. Comme vous, j'ai décidé de le lire... ce qui est une erreur. D'ici peu Ils vont venir le chercher, et moi avec. J'ai appris des choses que je ne devais pas connaître, j'ai lu des textes que je ne devais pas lire. Le Divinatus est réservé à Leurs fidèles, et nul autre mortel n'est censé le posséder. Aussi, partez. Abandonnez-le, ou Ils vous trouveront. Leurs yeux sont déjà sur moi, ma maison n'est plus que ténèbres. Je Les entend ! Ils arr... »
Et la lettre s'arrêtait ainsi. Une trace d'encre indiquait que l'auteur avait sans doute fait tomber sa plume le long de la feuille.
Cartésien de nature, je ne tint pas compte de cet avertissement : si j'avais trouvé le Lectio Divinatus, c'était que les fameux « Ils » ne l'avaient pas trouvé, non ? Je rangeai donc lettre et livre dans ma bibliothèque, et me couchai immédiatement. Mon sommeil fut peuplé de rêves étranges de cités cyclopéennes à la géométrie incompréhensible, de créatures horribles, mélange d'hommes, grenouilles et poissons, de formes humanoïdes bleu sombre aux yeux dorés... Et ceci dura une semaine. Une semaine pendant laquelle mon sommeil ne m'apportait plus aucun repos.

La semaine suivante, j'ai commencé à entendre les bruits. Peu importe l'heure, il y avait toujours un moment dans la journée où je les entendais, toujours dans le même ordre : le vent, même s'il n'y en a aucun à l'extérieur. L'eau qui goutte, mais les lieux restent toujours d'une sécheresse totale. Et enfin les voix. Ces voix qui murmurent, qui disent toujours la même chose... « I'a Cthulhu. I'a Dagon ». Ces bruits étaient étranges, mais mon imagination était fertile, et je les attribuais donc à une paranoïa excessive de ma part. Et la dernière semaine... cette semaine...
Je ne quittais plus ma maison, les bruits et mes rêves me rendant plus nerveux chaque jour... Si je craquais, je voulais
le faire chez moi, et non pas m'humilier en public. Mais plus j'étais dans mon appartement, plus quelque chose m'intriguait : il me semblait que chaque jour, au moment où les voix me parlaient, la lumière diminuait d'intensité, pour ne plus remonter après. Il me semblait aussi que les feuilles et les livres que j'avais chez moi bougeaient légèrement, comme sous l'effet du vent, alors que nul courant d'air ne parcourait ma demeure.
Etais-je en train de devenir fou ? Je le croyais, en tout cas. Et c'était pour cela qu'hier je m'étais dirigé vers ma porte, décidé à sortir. Mais un constat me frappa : j'ignorais où j'étais. Je reconnaissais chaque pièce que je parcourais, car elles étaient celles de ma maison, mais je ne pouvais pas me retrouver dans l'appartement. Chaque porte menait sur une autre pièce, mais pas la bonne. Plus je tentais de trouver le vestibule, plus mon esprit se perdait dans la géographie étrange des lieux... J'ai abandonné ma recherche, et suis immédiatement allé me coucher – trouvant ma chambre exactement où elle devait être.

Mes rêves de cette nuit-là furent plus intenses que jamais. Je rêvais que je parcourais la Cité Perdue de R'lyeh, où dort le tout-puissant Cthulhu. J'étais un de ces « Profonds », ces créatures informes qui ne peuvent être ni homme, ni animal.
« I'a Cthulhu ! »
Ce fut la voix qui me réveilla. J'étais en sueur. Pour une raison quelconque, je me suis dirigé vers mon bureau, et plus exactement vers ma bibliothèque. Les voix me suivaient. En arrivant, je vis qu'ils avaient disparu. Le livre, la lettre, ils n'étaient plus là. Ils avaient tout repris...
Je suis là, devant mon bureau, à écrire ce message pour quiconque le trouvera. J'ai tenté de fuir, bien sûr, mais toutes les portes ne mènent qu'à un endroit : ici. Les murs de la pièce sont devenus ténèbres, et je crois voir leurs yeux dorés qui me guettent parfois... Ils sont là, et Ils ne me laisseront pas partir. Quelle ironie : me voilà à écrire une lettre d'avertissement, parce que je n'en ai pas écouté une autre. En espérant que vous, vous le fassiez. Ou qu'au moins vous sachiez ce qui m'est arrivé.
Ils sont là.
I'a Cthulhu. Cthulhu ftaghn !


Dernière édition par Alzaric le Ven 8 Mai - 21:57, édité 3 fois
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Alzaric
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MessageSujet: Re: Quelques nouvelles...   Ven 8 Mai - 21:47

Celle-ci se déroule dans l'univers de fiction Warhammer. Si vous ne connaissez pas, vous pouvez toujours le lire, mais quelques subtilités vous échapperont peut-être =D

Maleox


Maleox regarda la désolation autour de lui. Des cadavres impériaux. De nombreux cadavres, d'hommes ayant "bravement" risqué leur vie pour repousser l'ost du Chaos qui s'approchait de leur belle cité. Mais cela avait été vain : ils étaient morts avant même d'avoir eu le temps de frapper...
Le Sorcier du Chaos marcha de son pied botté sur un crâne, qui éclata comme un fruit trop mur, envoyant sang et cervelle voler sur quelques mètres. Pauvres impériaux, morts sans avoir pu goûter à la toute puissance du Seigneur du Changement.. Maleox hocha la tête. Il était presque triste pour eux.
Son regard se dirigea ensuite vers l'armée dont il faisait partie... non, l'armée qu'il avait accepté d'appuyer et de soutenir ! Ils avaient besoin de sa magie, mais lui ne leur devait rien. Il avait été favorisé par le Grand Tzeentch, pas eux. Par contre, il étaient nombreux et bien équipés. Une armée de siège efficace, et entièrement dévouée à Tzeentch. C'était parfait...
"Maleox, vient par là !"
Le Sorcier se tourna vers le Seigneur du Chaos qui dirigeait cette armée et le foudroya du regard : personne n'appelait Maleox comme on appelait un chien. Malgré tout, il se dirigea vers le seigneur Q'Reshi, piétinant allègrement les corps qui pavaient le chemin.
"Qu'y a-t-il ?"
Le Seigneur pointa du doigt en direction de la ville fortifiée qu'il voulait attaquer.
"Les Dépeceurs sont en route. Mais j'aimerai faire un cadeau à ces hommes."
Maleox ne décelait aucune ironie dans la voix de Q'Reshi. C'était étrange.
"Oui, un cadeau" poursuivit-il."J'aimerai qu'on leur rende les prisonniers."
Le Sorcier sursauta.
"Rendre les prisonniers ? Mais..."
"Ne t'énerve pas. J'aimerai que cela se passe bien."
Q'Reshi marqua un léger silence, avant de reprendre :
"C'est pour cela que j'aimerai que tu t'occupes d'eux toi-même..."
Le sourire de Q'Reshi était clair, et Maleox comprit immédiatement le message. Les deux hommes éclatèrent de rire, leurs voix glaçant le cœur des impériaux qui pouvaient les entendre.

Une vingtaine de minutes plus tard, tous les prisonniers avaient été entassés dans un chariot. Jusqu'à présent, ils avaient été gardés comme esclaves. Maintenant qu'ils n'étaient plus utiles, les garder aurait été un handicap. C'était une des raisons pour lesquelles on les renvoyait.
Ils étaient ligotés, la tête dans des sacs en tissu. Le seul à avoir un minimum de liberté était le cocher, qui était pourtant bailloné et avait les jambes enchaînées au chariot.
Q'Reshi frappa d'une main gantée de fer l'arrière-train du cheval, et celui-ci partit à toute vitesse vers la ville. Comprenant qu'on leur rendait leurs hommes, les gardes hurlèrent d'ouvrir la porte.
"C'est leur première erreur" marmonna Maleox.
Les portes s'ouvrirent juste assez pour laisser passer le chariot, et elles se refermèrent juste après. Exactement ce que Q'Reshi avait prévu. Il fit quelques signes de sa main gauche : il fallait mettre en place la suite du plan.
Des maraudeurs commencèrent à rassembler des cadavres, pendant qu'un horrible grincement se faisait entendre à l'arrière des lignes chaotiques.
"Dans quelques instants, ça sera à toi de jouer Maleox."
Comme pour confirmer ce que disait le Seigneur, des cris de peur et de douleur se firent entendre à l'intérieur de la cité. Maleox fit un léger signe de tête, et Q'Reshi leva la main. Les Démons se préparaient.
Les gardes sur la muraille se retournèrent, et découvrirent l'horreur qui les attendait déjà au sein de leur ville. Deux d'entre eux s'évanouirent.
Ce fut pendant ce moment de distraction que Q'Reshi baissa la main. Les Démons contenus dans les Canons Apocalypse rugirent, et lâchèrent une salve de leurs projectiles macabres. Les murs tremblèrent. Plusieurs gardes chutèrent. Les autres ne savaient plus quoi faire : ils devaient faire face à une menace intérieure, et à des tirs venant de l'extérieur...
Q'Reshi fit signe à Maleox. Il était temps. Le Sorcier courut pour couvrir la distance qui le séparait de la porte de la cité. Aucun projectile ne vola en sa direction : les gardes étaient trop occupés.
Maleox plaça ses mains sur la porte, et commença à entonner sa prière à Tzeentch. Il avait besoin de la puissance du Changement.
Un garde vint se placer au-dessus de Maleox, dans le but de l'asperger d'huile bouillante, mais il n'en eut pas le temps : le Sorcier avait réagi plus vite, et son sort venait de foudroyer sur place le soldat ennemi.
Mais la concentration de Maleox était difficile : faire abstraction des cris provenant de Daëldorf, des explosions provoquées par les Canons Apocalypse, et des ordres hurlés par Q'Reshi était presque impossible. Maleox fut rassuré lorsqu'il vit ses mains briller d'une lueur bleutée, signe que le sort fonctionnait. Cela fut aussi confirmé par le toucher de la porte : le fer qui la composait devenait plus mou, plus chaud...
Au bout de quelques secondes, Maleox s'éloigna de la porte. Q'Reshi répondit immédiatement, en ordonnait la charge. Les chevaliers du Chaos s'élancèrent droit vers la porte, armes en avant.
L'impact fut brutal. Du sang gicla dans toutes les directions, et Maleox dû se cacher le visage pour ne pas en avoir dans les yeux. Le sang ne provenait pas des troupes du Chaos, mais de la porte : elle était désormais vivante, et faite de chair. Si Maleox lui avait aussi donné une bouche, elle aurait été en train de hurler.
Des maraudeurs s'engouffrèrent à la suite des chevaliers, frappant de leurs masses d'armes pour agrandir la brèche. Maleox attendit que Q'Reshi lui fasse signe pour invoquer son Disque de Tzeentch et avancer à son tour à travers la porte sanguinolente, droit sur son disque flottant.
Une fois à l'intérieur, Maleox se retrouva face à un spectacle dont Khorne lui-même aurait été fier : des cadavres partout, déchiquetés par les "prisonniers", décapités ou éventrés par les chevaliers, massacrés par des maraudeurs... Voyant cela, Maleox était fier de sa personne : son idée de faire des prisonniers des mutants à la botte du Chaos avait fonctionné au-delà de toute espérance.
"Cette ville est à nous, Maleox !"
Le Sorcier ne répondit pas au Seigneur : il n'en avait jamais douté, lui.
"Et où sont les Dépeceurs ?"
"Je te l'ai dit : la ville est à nous."
Maleox entendit des bruits de combats, à l'arrière de la cité. Les dépeceurs devaient y être, à saper le moral des ennemis, et à éliminer les défenseurs restés en arrière.

Une autre volée de flèches abattit les derniers maraudeurs encore debout. Comment cette victoire sublime s'était-elle transformée en un combat si serré ? Maleox ne l'avait pas compris. Des Elfes étaient sortis des casernes de la ville, et leur précision à l'arc avait fait des ravages parmi les troupes chaotiques les moins protégées...
Q'Reshi menait une contre-attaque avec sa garde personnelle d'aspirants champions. Les coups pleuvaient, les sorts fusaient... Maleox envoya son Disque vers un groupe d'Elfes, dont trois finir tranchés en deux par l'étrange projectile. Le Sorcier rejoignit ensuite Q'Reshi, et lança un éclair sur les troupes impériales qui s'apprêtaient à charger. Leurs armures métalliques servant de conducteur, les pauvres hommes se retrouvèrent carbonisés immédiatement. Seuls leurs visages étaient intacts, mais déformés dans un rictus de douleur intense.
"Alors Q'Reshi, la ville est à nous ?"
"Toujours !"
Q'Reshi ponctua sa phrase d'un coup de hache dans le crâne de l'impérial le plus proche. Il la retira presque immédiatement après, un atroce bruit de succion accompagnant ce geste.
"Fais attention Maleox, les ennemis sont partout."
"Merci de me prévenir. Pendant deux secondes j'ai cru que nous étions dans une taverne avec des amis..."
Q'Reshi préféra trancher la tête d'un soldat impérial qui tombait au sol, tué par un aspirant champion, plutôt que de répondre.
"Les vivants sont trop durs à tuer, alors tu te rabats sur les morts ?"
Q'Reshi ne daigna pas répondre, et continua d'avancer, accompagné de ses hommes. Maleox les suivit.
"Ce petit groupe est peut-être le plus gros avantage que nous avons sur eux."
Une explosion ramena Maleox à l'ordre.
"Après les Apocalypse, bien sûr." ajouta-t-il hâtivement.

Les parties nord et ouest de la ville avaient été reprises par les impériaux, moins de cinq minutes après que le Chaos ne les ait conquises. Les troupes du Changement en étaient réduites à défendre les alentours de la porte. Du moins, c'était ce qu'elles voulaient faire croire. Mais il ne s'agissait que d'une diversion...
Maleox était derrière les lignes ennemies, prêt à frapper. Son plan était simple, mais infaillible. Il fallait juste attendre une chose pour l'appliquer...
Q'Reshi lança l'assaut à l'ouest. Au même moment, les Canons Apocalypse pilonnèrent les positions où se tenaient les Elfes. Les impacts ratèrent le gros des archers aux oreilles pointues, mais c'était suffisant. Suffisant pour les forcer à se replier... Ils savaient parfaitement que le prochain tir ne les raterait pas, et qu'il fallait soigner leurs blessés. Ils entrèrent tous dans le bâtiment le plus proche, et fermèrent la porte derrière eux. Tout se passait comme Maleox l'avait prévu... Couvert par les troupes de Q'Reshi qui occupaient les défenseurs, Maleox sortit de sa cachette et s'approcha du bâtiment où se trouvaient les Elfes. Ne voulant pas prendre de risque, il commença à réciter les paroles du sort qu'il allait lancer. Plus tôt il commençait, moins il aurait de temps à passer à découvert.
Il aposa ses mains à la maison, et prononça les derniers mots de pouvoir. Les Elfes n'allaient plus être un problème...

De son côté, Q'Reshi gérait parfaitement la situation. Ils étaient en infériorité numérique, mais ce n'était pas pour autant un problème : aucun de leurs adversaires n'était favorisé par l'Architecte du Changement, alors que les hommes de Q'Reshi l'étaient. Ces pauvres humains étaient désavantagés.
Le Seigneur esquiva une attaque, et frappa d'un adversaire du revers de son arme, mettant toute sa force dans le coup. L'impérial fut projeté au loin, et traversa le mur d'une maison proche. Q'Reshi changea de cible. Il planta sa hache dans les entrailles d'un lancier qui venait d'éviter le coup d'un aspirant champion. Le pauvre impérial n'avait pas eu le temps de savourer cette petite victoire... Avant que Q'Reshi ne puisse sortir sa hache du corps du lancier, il fut attaqué par deux autres soldats. Il lâcha son arme, et saisit le crâne de ses deux adversaires, les stoppant dans leur élan. Dans un même mouvement, il frappa les crânes l'un contre l'autre, les faisant éclater au moment de l'impact.
"Oui, je peux gérer la situation..."
Q'Reshi récupéré sa hache, et il retourna à l'assaut.

L'énergie se diffusa dans la maison. Tzeentch avait répondu à la demande de Maleox, et il avait accepté que le Changement se diffuse dans cet endroit. Ces imbéciles d'Elfes ne vivraient pas longtemps.
Le Sorcier du Chaos sourit en pensant à ce qui allait leur arriver, puis il décida de rejoindre sa place : les combats...

Alistan se massa l'épaule. Après le tir du Canon Apocalypse, il avait reçu des débris, et même un morceau de cadavre dans le bras. Il était heureux que ses frères aient décidé de se replier dans cette maison : il allait pouvoir récupérer, et utiliser toute sa puissance lorsqu'ils affronteraient la vermine chaotique.
Soudain, un frisson remonta son échine. Un mauvais pressentiment. Sans vraiment savoir pourquoi, il hurla :
"La porte ! Ouvrez la porte !"
Mais c'était trop tard, il le savait. Le sol et les murs commençaient déjà à être atteints.
Alistan sentit quelque chose s'accrocher à sa jambe. Avant qu'il n'ait le temps de réagir, il était au sol... ou plutôt à chair. La maison devenait vivante, et elle n'appréciait pas d'avoir des visiteurs... La dernière chose qu'Alistan vit était un tentacule de chair l'attirer vers une bouche aux dents innombrables. Par contre, il entendait. Il entendait ses frères se faire déchiqueter, torturer...
Après avoir vu les horreurs du Chaos, la mort serait une délivrance...
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Alzaric
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MessageSujet: Re: Quelques nouvelles...   Dim 10 Mai - 14:26

Une autre nouvelle, dans le style de la première.

Dans la brume


Cela fait deux mois que j'ai emménagé dans la ville de Providence. Deux mois que j'ai quitté la ville où je logeais. Pas par plaisir, il faut le reconnaître. Mais il fallait que je déménage, et c'est pour cela que j'étais venu ici. Pourquoi déménager, me direz-vous ? J'avais toutes les raisons de le faire, mais ce n'est pas cela que je tiens à raconter. Ce que je veux écrire, c'est ma vie d'homme libéré de mes craintes, de mes peurs. Je suis enfin libre.
Ou plutôt je pensais l'être. J'ignorais ce qui se passait réellement, avant ces évènements qui ont commencé il y a deux semaines. Mais c'est surtout à cause de cet événement, arrivé la nuit dernière, que je prend la plume. Je tiens à voir si ces évènements qui m'apparaissaient sans rapport ont finalement une cohérence, bien que je craigne la réponse...
Il y a deux semaines, j'ai commencé à avoir des doutes. Alors que je venais de me lever, en pleine nuit, pour aller chercher un verre d'eau, je décidai de profiter un peu du clair de lune, et j'ouvris donc la fenêtre. La nuit était brumeuse, à tel point qu'il m'était impossible de distinguer quoi que ce soit dans la cour de l'immeuble où je loge. Mais j'avais une impression étrange. Une voix au fond de moi-même me parlait, me disait que quelqu'un, juste en face de moi, m'observait. Et ce sentiment d'être épié était accentué par l'opacité de ce brouillard, qui m'empêchait de voir quoi que ce soit. Mais, après tout, si quelqu'un essayait de m'observer, il aurait dû être aussi gêné que moi. C'était ce que me disait ma raison. Mon instinct s'opposait à cette raison, persistant à clamer qu'on m'observait. Un frisson remonta le long de ma colonne vertébrale, et ma seule réponse fut de fermer la fenêtre. J'ignore aujourd'hui si ce frisson provenait du froid ou de la peur qui commençait à naître au fond de mon être.
Le lendemain, en partant au travail, bien avant que mes voisins ne soient réveillés, j'ai traversé la cour. Mon regard fut rapidement attiré par une trace étrange au sol. Comme un pied humain, sans chaussure. Rien d'étrange à cela, je le savais. Ce qui l'était, c'était l'endroit où se trouvait la deuxième empreinte. Plusieurs mètres plus loin, trop loin pour que qui que ce soit ne puisse faire cet écart en une enjambée. Mais, malgré tout, je ne fus pas perturbé le moins du monde... Même le ronronnement étrange que j'entendis en sortant de la cour de l'immeuble pour rejoindre la rue ne me gêna pas. Pas plus que le fait que l'arche de pierre qui marquait la sortie de la cour de l'immeuble était toujours noyée dans le brouillard...
Ce n'est qu'au cinquième jour que je me suis vraiment aperçu de quelque chose. Pendant la semaine, j'avais toujours eu cette impression d'être épié, bien que je savais n'avoir aucune preuve de cela. Tous les jours, ce sentiment était refoulé au fond de mon être par un quotidien trop chargé. Mais le cinquième jour... Je m'étais couché tôt, comme d'habitude. Mais le sommeil n'acceptait pas de s'offrir à moi, aussi décidai-je d'aller prendre un calmant. En revenant de la salle de bain, mon cachet déjà dans l'estomac, j'entendis ma fenêtre grincer. Ayant l'habitude de cela, je me saisis de la poignée. Mon regard ne fixait aucun point particulier, et il fut automatiquement attiré par le mouvement de quelque chose dans la cour, à peine visible à travers les volets. Je tentai de me concentrer, mais je n'eus de la chose mouvante qu'un aperçu rapide. Une forme blanche, de la taille d'un homme. Je la perdis de vue lorsqu'elle se dirigea vers la sortie de la propriété, sautillant étrangement au lieu de marcher. Les souvenirs que cela fit remonter à la surface furent trop vifs pour que je les décrive, mais je sais que, la seconde suivante, je m'étais évanoui.
En me réveillant, je ne me rappelais plus si ma vision avait été réelle, ou un simple songe, car j'étais dans mon lit, comme si je ne m'étais pas écroulé au sol, ce que j'aurai du faire en m'évanouissant. Je me levai, et ouvris les volets, pour constater que le brouillard avait enfin disparu et, avec lui, tout sentiment d'être épié. Ce week-end se déroula normalement, et rien n'arriva avant le deuxième jour de la deuxième semaine.
Le mardi, pendant l'heure du repas, je décidai d'aller chercher le roman qui me servait de livre de chevet, pour nourrir mon esprit pendant que je nourrissais mon corps. Mais il me fut impossible de le retrouver. Je cherchai donc sous mon lit, au cas où il y serait tombé. Ma recherche fut plus fructueuse que je ne l'espérais, car je n'ai pas trouvé que mon livre. A côté de lui, à moitié caché par la couverture de l'ouvrage, se trouvait un petit morceau de céramique. Ce morceau était de la même couleur que ma lampe. A vrai dire, il en provenait. Mais cette lampe n'était jamais tombée depuis mon arrivée à Providence. En l'observant de plus près, je vis qu'elle avait été recollée à plusieurs endroits. Alors le souvenir me revint : pendant ma chute, après mon étrange vision, je m'étais accroché à elle, et elle était tombée avec moi. Une question s'imposa alors à moi : qui l'avait réparée ? Un nouveau frisson me parcourut, mais je savais qu'il ne venait pas du froid...
La même nuit, mon inquiétude grandit, seconde par seconde, comme un monstre qui me dévorait lentement de l'intérieur. Ne pouvant pas dormir, j'entendis les voix parler. Ces mélanges entre chuchotement et sifflement, qui ne s'exprimaient dans aucune langue humaine connue. Étaient-elles réellement présentes ? Encore une fois, ma raison et mon instinct étaient divisés sur le sujet : d'un côté je me disais que ces voix ne pouvaient pas être réelles, puisqu'elles parlaient dans une langue qui n'existait pas. Comment des gens pourraient-ils communiquer vocalement sans utiliser de langage ? Et pourtant, la petite voix craintive refit surface, me disant que ces voix étaient belles et bien réelles, et que quelqu'un parlait. Je n'étais pas fou. Ces voix étaient là. Voilà ce que je me disais... Ces voix provenaient de l'autre côté de la cour, mais le vent les portait jusqu'à moi. Au premier mouvement de ma part, elles se turent. En ouvrant la fenêtre, je vis deux formes blanches sauter dans le brouillard.
J'avais désormais cette certitude, la certitude qu'ils m'avaient retrouvé. J'ai immédiatement cessé d'aller au travail, ne voulant pas mêler mes collègues à une histoire qui les dépassait de très loin. Je savais que mon absence ne dérangerait personne. J'avais toujours été peu sociable, et mon capital sympathie était toujours au plus bas lorsqu'il s'agissait de communiquer avec d'autres personnes. Peut-être ne s'apercevraient-ils même pas de mon absence...
J'avais barricadé ma porte et mes fenêtres, pour que personne ne puisse entrer. Je savais que cela ne les arrêterait pas, mais peut-être allaient-ils au moins être retardés, le temps que des voisins réagissent à mes appels au secours. Mais il s'est avéré que j'avais sous-estimé leur volonté de me récupérer, car ce qui s'est passé hier dépasse tout ce que j'avais pu imaginer.
A deux heures du matin, les cloches sonnèrent. Depuis ce jour, je pense que je ne pourrai plus entendre de cloches sans devenir fou... si l'occasion d'en entendre se présente à nouveau à moi.
A deux heures le brouillard redoubla d'intensité, à l'extérieur. Je le voyais à travers un léger espace dans les planches qui servaient de barricade à la fenêtre de ma chambre. Il était impossible d'y voir à plus de deux mètres. Mais ce qui allait arriver n'aurait pas été visible. A cet instant, je ressentais le besoin d'avoir quelque chose de tangible à craindre. Il est toujours plus facile d'affronter ce qu'on peut voir. Maintenant, je regrette ce voeu. J'aurai préféré rester dans l'ignorance, plutôt que d'avoir vu ce que j'ai vu cette nuit-là.
Les barricades peuvent arrêter une arme, un homme, un monstre... mais pas le brouillard. La brume pénétra dans mon appartement, passant sous la porte, sur le côté de ma fenêtre... partout où l'air pouvait entrer. Elle remplit tout, remplissant le moindre coin, donnant à tout mon appartement une apparence spectrale, irréelle. Quelques minutes passèrent, pendant lesquelles il me sembla que le brouillard devenait plus dense, presque tangible. Ne savant quoi penser, je m'étais caché derrière une table, l'utilisant comme un barrage de fortune.
La brume changea de couleur, devenant un mélange de vert et de gris, et pourtant aucune de ces deux couleurs. Il me sembla qu'elle devenait progressivement humaine, ou plutôt humanoïde. J'ignore combien de temps cette transformation dura avant d'être accomplie, mais cela fut pour moi une éternité d'horreurs.
Et enfin, le messager était là. Jamais je n'avais vu une si horrible créature, et l'horreur qu'elle provoquait était combinée à celle d'une pensée qui vint se placer en moi, effaçant toutes les autres : j'avais respiré cette brume ! J'avais avalé cette créature, je lui avais permis de pénétrer en moi... Cette chose était dans mes poumons ! Cette créature plus grande qu'un homme, mais qui en possédait la forme générale. Cette forme dont l'obésité apparente ne faisait qu'aggraver l'impression étrange qui s'en dégageait. Je me rappelle parfaitement de cette peau translucide, laissant voir l'intérieur d'un corps sans organes, comme sculpté dans une pâte verdâtre qui venait d'un autre monde. Les mains de la créature se finissaient par trois griffes boursoufflées, chacune de la taille d'une main humaine. Ses pattes n'étaient que des masses informes, qui changeaient d'apparence à chaque instant. Dans son dos se trouvaient des ailes, simples membranes noires déchirées, qui ne permettaient sans doute pas à leur propriétaire de voler tant elles étaient fines. Et son visage... son visage ! Une masse ronde, d'où s'échappaient des tentacules où auraient dû se trouver les cheveux et la bouche, et des yeux noirs, ronds, dans lesquels aucune lumière ne se reflétait. Ses yeux me fixèrent. Je le savais, plus que je ne le voyais. Les tentacules s'agitèrent, et la langue inconnue que j'avais déjà entendu bourdonna dans mes oreilles, et jusqu'au fond de mon âme. Progressivement, le sens des mots me venait. Était-ce moi qui comprenait, ou la langue qui changeait ? Je ne pourrai jamais le dire. Mais ce fut trop pour moi, et le reste de mon histoire m'a été contée par d'autres...
Je ne retournerai pas là-bas ! Jamais vous ne me reprendrez ! L'Ordre ne peut rien contre moi ! Non ! Non ! Je ne parlerai à personne de vous, ni d'Eux ! Laissez-moi ! Je ne veux pas de cet destin ! Jamais je ne deviendrai un des vôtres ! Je ne suis plus un Marsh ! Je n'irai pas à R'lyeh ! I'a Cthulhu ! I'a Dagon ! I'a Cthulhu ! Non, je ne cèderai pas ! I'a Dagon ! I'a Dagon !
C'est ce que je disais, entre autres insanités, lorsque les secours entrèrent chez moi après avoir enfoncé la porte. Selon eux, j'étais seul dans la pièce, et la créature que j'avais vu n'étais qu'un cauchemar, ou une incarnation de la folie qui m'avait pris, d'après eux, depuis longtemps. Mais je suis sûr de l'avoir vu, ce messager d'Innsmouth, cette créature plus immonde que toutes celles que j'avais déjà vu. Je suis sûr d'avoir entendu ces voix, vu ces formes, comme je sais n'avoir jamais réparé ma lampe. Mais ma plus grande crainte vient de deux de mes voisins. Ils ignoraient que je les entendais. Non pas que cela aurait changé quoi que ce soit, étant donné que pour eux, et depuis mon arrivée, je n'étais qu'un original à moitié fou, qui vivait reclus et ne méritait pas leur attention...
Mes voisins parlaient simplement de la pluie et du beau temps. Dans n'importe quel autre contexte, je n'aurai prêté aucune attention à cela. Mais, dans le cas présent, cela me glaça jusqu'aux os.
Ils disaient tout simplement qu'un brouillard record avait été annoncé pour ce soir...





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